Blogue de José Brito créé dans le cadre de l’inscription au CLOM - REL2014 : http://rel2014.mooc.ca/ - CC - BY - SA

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Présentation

jeudi 13 mars 2014

Éloigné de l’action pédagogique du fait de mes activités professionnelles, je suis amené à être proche des outils d’éducation pour la même raison. Directeur de cabinet dans une collectivité locale, maire-adjoint dans une autre jusqu’à un passé encore récent, la question de l’équipement des établissements scolaires m’est toujours revenue depuis 2001. Auparavant j’avais été cadre syndical, directeur d’association, chef de projet, resposable qualité et même "ingénieur" commercial. Hétéroclite, mais il faut gagner des sous pour payer les factures, en y laissant les plus beaux moments de la vie.

Pour revenir au sujet, quand il s’agit du chauffage de l’école, les choses sont simples. Les services techniques, ou le service achats, se chargent de l’approvisionnement en fuel ou en agripellets. Il y a une date pour allumer la chaudière, une autre pour l’éteindre et des procédures pour le cas où il ferait froid à contretemps ou chaud à contre-saison.

Pour les cahiers, les stylos, la craie, les petites fournitures utiles et nécessaires, la plupart des communes ont un budget par enfant, on multiplie, on donne à l’école et ils se débrouillent par leurs propres moyens ou en passant commande à la ville qui intègre les besoins dans ses appels d’offres. Ça commence à se compliquer quand l’appel d’offres ramène le cahier le moins cher et non le plus résistant à un usage par des enfants.

En 2002, en France, il est devenu obligatoire de passer le B2I en fin de primaire. Maire-adjoint en charge de l’informatisation municipale, j’ai cherché des solutions pour équiper les écoles. Groupes de travail enseignants/parents d’élèves, recherche de conseils auprès des interlocuteurs à l’Éducation nationale (qui se sont révélés totalement absents pendant cette période) [1], consultations et offres farfelues du genre 1.600 F (c’était juste avant les zeuros) par classe et par mois pour la fourniture de postes équipés avec Linux, même pas en réseau (une grande banque proposait ça et vendait le crédit en même temps). Alors que certains instits avaient déjà DebianEdu sur des postes offerts par des parents d’élèves.

La solution est venue par Internet. Au fil des recherches on (nous étions deux élus) est tombé sur AbuiÉdu qui pouvait être installé, testé, montré. Quelques mois de galère pour essayer de comprendre un minimum de ligne de commande, mais à deux nous nous sommes émulés et même nous avons fini par tomber dans le chaudron. Finalement, on aurait pu s’épargner ça parce que la liste de discussion de la communauté fonctionnait comme du papier millimétré : les problèmes trouvaient toujours une solution dans l’heure qui suivait. Je leur tire encore mon chapeau.

Les parents d’élèves ont vu et ont adopté. Les instits ont vu et ont adopté. Les parents d’élèves ont installé le réseau de l’école, la ville a installé la salle informatique (quand je dis la ville, c’est nous en personne avec nos dix doigts dans deux mains). Tout le monde était content à l’école élémentaire [2] et les instits de maternelle sont venus nous demander de leur installer "la même chose". Ils auront attendu un an [3].

Le temps a passé, travaillant dans une autre ville, un autre AbulÉdu a été installé. Dans une autre, d’autres AbulÉdu. Contacts épars avec la communauté jusqu’à novembre 2012 ou je me suis dit "depuis le temps qu’on se croise, il serait temps de se rencontrer", et j’ai adhéré à l’association AbulÉdu-fr pour découvrir le projet alors en gestation d’alternative à Twitter pour les écoles, Babytwit et une foule riche d’initiatives, de réflexions sur les pratiqes pédagogiques et l’utilisation du numérique à l’école, avec la banque de ressources, les logiciels du Terrier d’AbulÉdu et même la tabulette pour la maternelle et le primaire. Et dernièrement, le projet d’édition d’ouvrages libres (c’est-à-dire qui seront en vente sur papier et en téléchargement gratuit sur le site web).

Comment me rendre utile au milieu de ces enseignants passionnés (passionnants) ? Le site AbulÉdu avait vieilli, était mal référencé, on ne comprenait pas très bien qui faisait quoi ni comment accéder à quoi. J’ai créé un site prototype pour tester des méthodes de référencement et proposer une nouvelle approche d’accès aux ressources. Et je suis heureux de participer à ce bouillonnement au point de chercher à mieux cerner les problématiques propres à un monde que je découvre pour la production d’outils et de ressources numériques, libres. D’où mon inscription au CLOM REL2014. En attendant la retraite, qui fait déjà coucou, ou peut-être plutôt : en la préparant.


Voir en ligne : Un site pour mettre en valeur AbulÉdu


[1C’est une dent supplémentaire contre l’éducation nationale qui m’a viré du lycée en classe de première parce que j’avais alors manifesté des compétences, efficaces, pour déclencher une grève de trois semaines et animer la radio libre du campus qui annonçait, en live, les "contre-cours" que se donnaient les élèves pour ne pas trop compromettre le baccalauréat de ceux de Terminale, ou pour rattraper les carences de ceux qui avaient loupé une marche.

[2mais le conseiller pédagogique ou conseiller informatique est finalement venu nous voir, un mois ou deux après l’installation, pour nous dire qu’on avait fait un peu n’importe quoi. Je me marre encore.

[3Le conseiller informatique n’est pas revenu