Blogue de José Brito créé dans le cadre de l’inscription au CLOM - REL2014 : http://rel2014.mooc.ca/ - CC - BY - SA

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À propos des objectifs du CLOM_REL

vendredi 7 mars 2014, par José

Question du #CLOM_REL_Objectif : "Selon vous, quels devraient être les objectifs de la présente initiative ou, plus pertinemment sans doute, quelles devraient être les réalisations concrètes attendues au terme du cours, après un an et à l’horizon 2020 ?" http://rel2014.mooc.ca/objectifs.htm

Les objectifs de l’OIF, comment se décomposent-ils ?

Dans les objectifs proposés par l’OIF trois sont directement en rapport avec les ressources éducatives (points 1, 2 et 4), deux relèvent d’un projet qui les englobe et les dépasse (3 et 5).

Le point 3 "Comprendre les notions du libre et en quoi cette pratique suscite des bouleversements importants, voire des changements de paradigme dans des sphères aussi diversifiées que l’éducation, l’économie et la connaissance" comprend et dépasse les RÉL en ceci qu’il propose de chercher une compréhension en amont et une vision en aval.

Le point 5 "Jeter les bases d’une architecture technologique qui permette la croissance organique de la connaissance en matière de RÉL suivant les champs d’intérêt et les domaines d’application les plus pertinents à la communauté" est en soi un projet, une proposition de chantier d’un édifice encore à imaginer, qui semble être un projet documentaire.

Les points 1, 2 et 4 sont rédigés sur la base d’une prémisse non énoncée, à savoir que les ressources éducatives libres sont un corpus dont le développement est inéluctable et qui, sous les formes qui continueront à se évoluer, influenceront les pratiques éducatives :
- par un "potentiel de changement" qui reste à comprendre (point 1),
- par la création de nouvelles RÉL "aux fins de les partager de nouveau" (point 2)
- et enfin par l’édification "d’une communauté francophone des ressources éducatives libres qui assurera à la fois une veille stratégique dans le domaine ainsi que l’assurance d’un accroissement renouvelable de la capacité francophone en la matière" (point 4), ce qui finalement justifie le point 5.

Capacié francophone ou offre non-anglophone ?

Parce que c’est l’OIF qui le dit, la préoccupation francophone est également présente, mais elle me semble un peu restrictive et peut-être, sans pour autant vouloir faire de l’anti-anglais, faudrait-il parler de "capacité non anglophone" plus que de "capacité francophone" en matière de RÉL. La réalité est que les ressources anglophones sont très largement dominantes sur Internet et sur les supports numériques et que la préoccupation de la (bio)diversité culturelle et linguistique pourrait être l’un des objectifs sous-tendus par la "communauté RÉL", tant en termes d’adaptations/traductions (à l’image de la Wikipedia ?) qu’en termes de promotion du développement.
En effet, il n’est pas inintéressant d’accéder à des ressources hispanophones quand on s’intéresse à la paléoanthropologie, par exemple, alors même que les archéologues de la Péninsule ibérique sont bavards en castillan ou en catalan et qu’ils publient sur des sujets de référence majeurs, souvent dans des blogs personnels et sous licences libres, avant ou après leurs publications scientifiques (en anglais).
En outre, hormis le fait que la connaissance ne saurait être exclusivement rédigée en français (alors qu’elle a tendance à l’être en anglais par le jeu des publications scientifiques et la masse des documents en ligne), les ressources éducatives libres non francophones sont des supports d’apprentissage des langues, et d’approche des cultures qu’elles portent et qui les parlent.
De ce fait, le chantier documentaire suggéré par le point 5 des objectifs de l’OIF devrait pouvoir comprendre l’identification linguistique de la ressource, voire les déclinaisons linguistiques d’une ressource ou encore, faciliter ces déclinaisons à partir d’une source, quelle que soit la langue de celle-ci (comme il est possible de participer à l’effort de traduction, de manière coopérative, dans les logiciels libres, par exemple).

Comment faire du travail de chacun le travail de tous ?

Il apparaît dans les premières interventions de ce CLOM que la recherche de documentation sur les ressources (au-delà du débat de savoir ce qu’est une ressource) est une demande forte (voir ici). Une des premières actions visibles des participants a été de créer des "porter à connaissance", sous forme de listes de ressources, de manières diverses : soit dans ses blogs personnels [1] comme "ActionFLE", soit en passant par des outils de syndication ou partage de liens comme l’initiative sous Diigo de Michèle Dreschler que j’ai aussi syndiqué sur mon blog, avant de réfléchir à cette question. Je me dis que c’est peut-être là un fondamental de toute nouvelle expérience : recenser, un peu comme faire le tour du territoire pour voir ce qu’il s’y trouve, faire connaissance.

Ce travail de chacun, comment pourrait-il être le travail de tous ? [2] Un méta-outil serait-il envisageable pour produire une connaissance collective à partir des tâtonnements individuels ? Connaissant la production du data d’AbulÉdu et son souci de correspondre à des normes telles que Rameau utilisée par la BNF (voir en bas de page "Exemples de réutilisation"), je me dis que des techniciens devraient être en capacité de faire de jolies choses en ce sens [3].

D’autre part, et cela renvoie à un constat partagé avec ActionFLE, la simplicité d’usage n’est pas dans la simplicité de l’outil mais dans la plate-forme, avec un "tout sous la main", qui conduit à se tourner préférentiellement vers les outils Google. Que pourrait être un "tout sous la main" pour les concepteurs de ressources éducatives libres, pour les utilisateurs enseignants/contributeurs et pour les apprenants qui, sous la forme du CLOM, deviennent également des producteurs de contenus et des producteurs de connaissances ?

N’étant pas enseignant, ne l’ayant jamais été, n’étant ni au fait de leurs contraintes institutionnelles et professionnelles ni de leurs besoins pratiques, j’envisage les objectifs du CLOM_RÉL sous l’angle de l’apprenant, les ressources éducatives libres étant aussi pour moi des ressources où je pioche selon mes besoins du moment, ma curiosité personnelle, mes loisirs, mes discussions et l’éventuelle recherche de compléments d’information ou de connaissance que ces dernières suscitent.

Alors, quels objectifs pour le #CLOM_REL ?

C’est pourquoi au terme de cette courte analyse, pour répondre à la question initiale "quelles devraient être les réalisations concrètes attendues au terme du cours, après un an et à l’horizon 2020 ?" [4], je dirais :
- au terme du cours : avoir identifié le territoire concerné par le "porter à connaissance". Que convient-il de recenser pour répondre aux différents cas de figure des situations d’apprentissage (cas de figure de l’enseignant, celui du participant/contributeur (qui peut n’être ni enseignant ni apprenant), celui de l’apprenant (qui peut ne pas être un élève) ? et imaginer le périmètre du méta-outil ci-dessus (voire, son cahier des charges et sa feuille de route). Parallèlement, identifier les besoins de plate-forme "tout sous la main" pour les différents profils ;
- après un an : avoir lancé les deux chantiers du méta-outil et de la plate-forme "tout sous la main" ;
- à l’horizon 2020 : disposer, parmi les ressources éducatives libres, des outils libres dédiés à l’apprentissage partagé ou collaboratif (je rappelle que je n’aime pas le mot "connectivisme") grâce à un investissement public déterminé à faire de la francophonie un espace d’excellence éducative.


[1J’ai moi-même cédé à cette tentation en ouvrant une rubrique "Liens et références" sur mon blog dès sa création, que je concevais comme mon bloc-notes pour y indiquer les ressources dont je souhaitais conserver trace

[2La Wikipedia l’a réussi

[3(Note du 10/03/2014) - Deux autres réfléxions allant dans le même sens (je ne sais pas encore de qui) publiées dans le journal public du MOOC : "Mes objectifs pour REL 2014 et "Adopter un référentiel de REL ou nous en doter d’un - Objectif fondamental du MOOC REL"

[4j’ai ajouté une espace entre 2020 et le point d’interrogation parce que je suis en France

Messages

  • "ici"
    note d’Hervé Sarais :
    "les besoins dans les connaissances de base sont immenses y compris pour les adultes"

    oui, quand je pense "éducation maternelle et élémentaire" je pense aussi toujours "débutants" de tout âge : ressources pour lutte contre l’illettrisme, pour nouveaux arrivants, pour tous ceux qui n’ont pas consolidé leur apprentissage de la lecture etc...