Blogue de José Brito créé dans le cadre de l’inscription au CLOM - REL2014 : http://rel2014.mooc.ca/ - CC - BY - SA

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Pas à pas

mercredi 7 mai 2014, par José

Surprise avec le débat sur la plate-forme à la fin du #CLOM_REL. Cette question a émergé simultanément auprès de plusieurs participants, plusieurs hypothèses de poursuite se faisant jour, avec un débat autour de la technique correspondant en fait à des poursuites d’objectifs complémentaires.

Que peut bien signifier ce débat, à cette occasion, alors que le nombre de participants actifs était assez faible eu égard au nombre d’inscrits indiqué par le GTA ?

La participation

J’ai recensé 21 blogues de contributeurs qui ont plus ou moins publié au long du clom RÉL 2014. Il m’en manque sûrement, mais pas beaucoup, en particulier ceux des experts pour lesquels je créerai une rubrique spécifique car ils me paraissent devoir être plus particulièrement mis en valeur. Certains contributeurs se sont exprimés dans les "discussions", comme Jean-Louis Frucot, président d’AbulÉdu.

Il me semble d’abord, malgré ce petit nombre, qu’il y a des pratiques individuelles ou collectives autour des ressources éducatives libres en attente d’échange, de mises en commun. Il ne s’agit peut-être pas d’émergence d’une communauté, au sens des communautés du libre qui se regroupent pour poursuivre un objectif précis, mais plutôt d’un besoin de s’assurer que chacun n’est pas isolé avec sa propre démarche.

Certains proposent de partager des compétences. D’autres souhaitent voir émerger une production concrète d’outils, de ressources, associés à des méthodes pédagogiques adaptées à l’univers numérique. D’autres encore ont pour préoccupation de recenser et rendre visibles des ressources éducatives libres existantes, de les qualifier afin d’en permettre l’exploitation. D’autres sont déjà producteurs de ressources et déjà organisés pour les distribuer. Et dedans il y a tous ceux qui ajoutent "pas de libre sans libre". C’est un gloubi-boulga sympathique, une hétérogénéité de celles qui frémissent de promesses futures.

La route parcourue

Le début du CLOM, avec les perspectives des questions sur les enjeux pour la francophonie à l’horizon 2020 était mobilisateur. En offrant un horizon, il traçait une route. En montrant le paysage, en particulier québécois, des banques de ressources et des efforts d’indexation, il montrait le bouillonnement. Les modèles économiques ont mis en évidence le rôle de l’initiative citoyenne, l’engagement d’individus ouvreurs de voies. Mais les questions économiques n’ont pas fait une part suffisante à lÉtat et, pour nous en France, l’aspect économique ne se réduit pas à l’initiative privée (voir par exemple FUN, qui n’est pas une initiative de marché comme Coursera). D’autant que nombre de participants au CLOM sont en fait des fonctionnaires. La question de leur propore production et de sa rémunération n’est pas anodine. Est-ce pour cette raison que cet aspect a fait l’objet de peu de développements par les participants, l’économie des ressources éducatives libres ayant été présentée sous l’angle entrepreneurial ? Je ne connais qu’une seule communauté en France qui associe, avec équilibre, bénévoles et entreprise.

Les publics du clom

Le CLOM a été suivi par plusieurs publics, correspondant à plusieurs systèmes éducatifs. Nous avons vu dès le départ que pour certains les ressources éducatives libres rimaient avec une opportunité d’enseignement gratuit et de qualité : ils vivent là où l’enseignement n’est pas gratuit. Pour ceux qui vivent là où l’enseignement est gratuit par nature, et de qualité par l’investissement de la puissance publique, le débat est forcément différent, l’approche n’est pas la même, l’objet même des ressources éducatives libres est perçu différemment. Cette question, qui est celle du modèle éducatif, aurait pu être développée. Elle reste pour moi une parenthèse, sur laquelle il faudra revenir, car deux conceptions antagonistes du monde s’y confrontent.

Parmi ces publics, il y avait des enseignants de plusieurs niveaux (primaire, secondaire, universitaire) du privé ou du public, des formateurs, des conseillers pédagogiques et des conseils en formation, des curieux, des personnes en recherche de solutions clés en mains, des personnes en formation personnelle et on l’a vu plus particulièrement sur les questions du droit d’auteur, des producteurs de ressources éducatives libres... probablement d’autres. Leur point commun : la ressource éducative numérique qu’ils produisent, qu’ils utilisent, qu’ils cherchent ou qu’ils partagent.

La production de ressources

La question de la production de ressources éducatives libres, et des méthodes pédagogiques, a fait réagir les praticiens. Michèle Dreschler a longuement appuyé sur ces aspects, elle a fortement contribué tant par ses interventions que par son initiative de signets partagés. Cependant, ceux qui s’intéressent aux premiers apprentissages (André Cotte a beaucoup appuyé sur cette question) ne semblent pas avoir pu alimenter leurs questionnements. Les initiatives et retours d’expérience concernant l’enseignement supérieur sont nombreux mais les méthodes et les ressources ne semblent pas transposables à ce qu’on appelle en France l’enseignement primaire. Le data d’AbulÉdu a un peu fait figure de cavalier seul par son adaptation à ce niveau d’enseignement. Il y aurait, pour ce niveau particulier, lieu d’approfondir spécifiquement. Est-ce que, en outre, la data d’AbulÉdu pourrait intégrer d’autres ressources multimédia, tout en gardant sa granularité très fine, afin de rester adapté aux besoins illustratifs de l’enseignant dans son élaboration d’une séquence d’apprentissage ? Et comment élargir ce projet à l’ensemble de la francophonie aussi bien pour les usages que pour contribuer à alimenter en ressources brutes correspondant aux spécificités culturelles de chaque espace géographique ?

Cette question de la production de ressources me semble une autre piste de travail. Elle a été bien abordée dans le clom et je retiens plus particulièrement la contribution d’André Cotte, "Créer des REL à l’aide de REL", qui mérite prolongement car elle donne en exemple des "produits non finis" accompagnés de leurs sources, ce qui en fait des ressources adaptables et modifiables pour d’autres.

Passion ? suites...

La plate-forme http://aliboron.org est certes issue d’une passion, comme l’indique Robert Grégoire, mais pas seulement. Ma première idée a été de chercher une réponse à la première impression (impression qui a duré les 3 ou 4 premières semaines du clom) que les participants ont qualifié d’éparpillement. Évidemment, j’ai eu une idée jacobine, on ne se départit pas des lieux-communs de son espace culturel : réunir ce qui est épars. Mais aussi, là tout derrière mes neurones, l’idée qu’il vaut mieux un logiciel libre qui demande un effort, plutôt qu’un produit que la promotion commerciale présente comme "easy to use" mais qui demande en fait les mêmes efforts. Pour preuve, s’il ne fallait pas d’efforts pour y parvenir, la première séance synchrone n’aurait pas eu lieu d’être. Imaginons que cette séance eut été consacrée à montrer comment créer un blogue dans la plate-forme Drupal... c’est là que les participants seraient allés.
Je ne suis pas informaticien et donc, s’il y a un souci avec cette plate-forme, je ne saurai pas le résoudre et j’appellerai à l’aide. Mais en même temps, si on s’arrête à ses incompétences, on a peu de chances de progresser. Et je me suis pris au jeu de chercher à construire un outil qui apporte une solution au maximum d’éléments qui nous ont perturbés. Est-ce que cela sera possible ? En fait, aujourd’hui, j’essaye de vérifier si, avec les outils modulaires qui existent pour Drupal, j’arriverais à construire quelque chose qui ait une cohérence interne suffisante pour accompagner un clom comme celui que nous avons connu pour les ressources éducatives libres. Peu de chances d’y arriver complètement, mais très curieux de voir jusqu’où cela peut aller quand même.

Merci

Je remercie encore la francophonie, le GTA de l’Universié de Moncton et les nombreux intervenants bénévoles pour avoir réalisé le CLOM_REL. Et s’il y a une deuxième fournée, je me régalerais d’y participer.