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Semaine 5 : Pédagogie et ressources libres

jeudi 3 avril 2014, par José

Prise de notes lors de la vidéoconférence du 3 avril 2014 dans le cadre du #CLOM_REL 2014

Participants :

André Cotte - enseignant, directeur d’une entreprise de logiciels éducatifs, maintenant édimestre de Carrefour éducation, pour le primaire et le secondaire.
Expérience dans le logiciel libre sous Windows vers 2000. En 2005/2006 a commencé a travailler sous Linux. S’est occupé du site Colibri, dédié aux logiciels libres pour enseignants.
Carrefour éducation : souci du droit d’auteur. Ont fait des dossiers pour aider les enseignants à comprendre de quoi on parle, puis ont commencé à faire une liste des ressources éducatives libres trouvées un peu partout.

Isabelle Martin Fernandes - professeur de français au Portugal, à Estoril. Enseigne dans une école supérieure qui prépare les étudiants aux licences/maîtrise hôtellerie/restauration.
Intérêt pour les REL : naît de sa formation. S’y intéresse parce qu’ils développent à l’université ouverte de Lisbonne un travail de rechercher autour de leur utilisation et éventuellement de leur réutilisation.

Michèle : met en ligne le lien qui permet de synthétiser la discussion.
Comment faire quand on cherche une ressource particulière pour illustrer un cours, faire une simulation ? comment s’y prendre pour trouver la bonne ressource, utilisable en classe ?
L’activité 1 consistait à créer un document collaboratif de liens vers des ressources utilisables par les enseignants. Document Google doc.

Les participants ont-ils des astuces ou des méthodes pour trouver des ressources ?

André Cotte - pour les enseignants du Québec qui connaissent Carrefour éducation, ils y trouvent environ 150 sites où ils peuvent trouver des ressources.
Ici les enseignants sont incitépar le ministère à mettre les élèves en projet, cela demande des ressources pour le faire. Les enseignants savent que les ressources sont soumises au droit d’auteur mais ne savent pas toujours ce que c’est. Souvent ils en ont peur.
Nous faisons des ateliers où on leur explique ce qu’est le droit d’auteur et ce que sont les licences libres, puis nous les amenons au site Carrefour éducation.
Démonstration du site avec ses différentes sous-rubriques et choix français/anglais.
Pour chaque site proposé, indications sur le droit (parfois des restrictions) car ce ne sont pas toujours des sites avec des ressources domaine public, mais proposent des ressources suffisantes pour un usage scolaire.
il nous manque d’être capables d’interroger dans un moteur sur notre site d’interroger l’ensemble des sites référencés directement. On le fait pour quelques-uns mais on est limité techniquement pour les intégrer tous.

Michèle - quand j’étais enseignante et que j’avais besoin d’une carte, j’allais dans un cagibi et je triais dedans. On n’avait pas accès à toutes ces ressources. Sur Google on peut aussi faire des recherches de documents en fonction de la licence.
Isabelle, au Portugal avez-vous aussi une politique pour trouver des ressources libres ?

Isabelle - non. Les gens se regroupent dans des centres d’intérêt. Par exemple autour des universités, des étudiants se regroupent autour de centres de recherche et on discute ensemble. J’ai trouvé intéressant ce qu’a dit André. Nous avons des difficultés à savoir c’est quoi un REL et que peut-pon en faire ? Cela implique une démarche culturelle. On part du principe que les gens veulent utiliser des REL et ça ne marche pas comme ça.

André - les gens ne s’intéressent pas aux REL tant qu’ils croient qu’ils peuvent prendre ce qu’ils veulent sur Internet.

Michèle - en effet, dès lors qu’on le trouve en ligne, on a tendance à l’utiliser. Il y a une pédagogie à mettre en place. Nous avons engagé une formation autour des licences libres et du droit d’auteur : comment ça fonctionner, comment l’utilisateur peut participer et créer une ressource partageable. En effet, il y a ce besoin d’avertir, d’informer les usagers du web et dans l’enseignement en particulier identifier ce qu’est une ressource libre.
Dans notre académie nous avions fait une formation pour indiquer comment utiliser Creative Commons. Dès le début du CLOM nous avons créé une petite communauté de personnes qui partagent des ressources, nous sommes une quarantaine.
Ce que nous avons produit alors est utilisable par toute personne.

On peut avoir 10.000 tonnes de ressources, mais pour un enseignant la question est : quoi en faire ?

André Cotte - une autre difficulté qu’ont les enseignants est de faire la différence entre ce qu’ils peuvent remixer et ce qu’ils prennent sur le web en n’ayant pas le droit de rien en faire.
Ici au Québec il se fait beaucoup de projets dans les classes et les élèves utilisent les ordinateurs pour créer et remixer. Si les enseignants connaissent peu le droit d’auteur, imaginez les élèves...

Michèle - par définition, un système éducatif vise le partage, il faut donc pouvoir libérer les ressources. Mais le problème des enseignants est : est-ce que cette ressource va m’apporter dans un parcours d’élève, pour faire passer un message, est-ce qu’elle sera payante pour les élèves.

Isabelle Martin Fernandes - je me posais la question de l’éducation de tous les membres partie prenante de l’activité pédagogique, du ministre au parent d’élève. Cela ne concerne pas qeulement les enseignants et les apprenants. Le travail d’éducation sur les REL est plus large que enseignant/apprenant. Or la démarche n’est pas toujours claire, comprise. On assiste alors à un refus. Ce n’est pas seulement un problème technique et de droit d’auteur, c’est plus large.

Michèle
- il y a peut-être le problème du partage. Il faut aussi trouver un lieu pour partager. Il faut que l’enseignant se sente rassuré. LA culture du partage se travaille et il faut une relation de confiance.

Isabelle - cela doit concerner tous les intervenants dans le processus éducatif.

André Cotte - j’ai parfois l’impression qu’il y a trop de choix et les enseignants ne savent pas où aller. Ils ont l’habitude d’aller dans deux ou trois endroits.
L’an dernier le ministère a mis un budget à disposition pour les ressources éducatives. La recherche de REL est alors tombée, les enseignants ont alors cherché ce qui était proposé pour le commander.
Les enseignants ne sont pas habitués à fabriquer tout leur matériel. POur les cours universitaires on trouve parfois des cours déjà packgés, mais pour le primaire et le secondaire ce n’est pas le cas. Ils partent de ressources brutes et doivent créer leur cours.

Michèle - oui, concevoir sa classe prend du temps, c’est la base du travail de l’enseignant. Mais produire et chjercher du son des images, cela demande une technicité numérique.
Exemple d’une expérience dans l’Indre. Avait ciblé la co-production de ressources en ligne. Pris du temps pour pouvoir se faire la main et voir comment on peut partager et coopérer en ligne. L’enseignant est un scénariste. Si on lui donne du temps et la matière minimale pour qu’il goûte à ça, il va y prendre plaisir. L’expérience de l’Indre a montré qu’on pouvait relier les gens malgré la distance.
Il faut aussi donner aux enseignants une méthodologie. Il nous faut mettre en place une pédagogie autour des ressources libres. C’est pour ça qu’on a prévu des activités ad hoc en semaine 5.
Il y a eu une contribution cette semaine, dont M. Frédéric Duriez qui a publié sur son blog quelque chose d’artistique. À partir des docuements proposés pendant la semaine il a fait un petit chef d’oeuvre (lien ?)
Il montre que pour enseigner, on peut le faire à distance, mais que pour apprendre, il faut le faire en présentiel.
Du coup, quelle est la place de l’enseignant lorsqu’on utilise des ressources numériques libres ?
Par le biais d’une pédagogie inversée l’apprentissage se ferait en présentiel et dans l’interaction.

André Cotte - je ne vois pas de différence entre ressources libres et non libres dans un usage pédagogique. Nous avons des ressources et depuis qu’il y a des ressources numériques, nous avons des facilités qu’on n’avait pas autrefois. C’est cette dimension qui pose problème, dès lors qu’on intègre le numérique on a besoin de se poser la question du droit d’auteur et donc la ressource libre prend du sens.

Michèle - Les enseignants ont besoin aussi d’outils qui permettent d’envisager la scénarisation du parcours, la place de l’élève, la place de l’enseignant, quelle sera la tâche de l’élève, de manière claire pour qu’on puisse en faire ensuite une analyse, une évaluation.

Isabelle Martin Fernandes - le temps d’apprentissage des apprenant se ferait uniquement en présentiel ? Je ne crois pas, d’abord c’est du temps, ensuite c’est une digestion. Le présentiel est un faux problème. La découverte, la mémorisation, la réutilisation... cette réutilisation est le problème.

André Cotte - Il faut leur donner les pistes pour les manipuler et cela on ne peut pas le faire avec des outils propriétaires, parce que c’est interdit. C’est là où le libre prend du sens.

Michèle - l’activité 3 proposait d’utiliser un ENT. Celui qui permet de remixer les ressources permet de mettre en place des environnements personnels d’apprentissage, où l’élève va prendre des ressources, les triturer, produire. Cela ne peut se faire que si on lui donne l’accès aux ressources.

André Cotte - dans une école, quand on peut modifier une vidéo, mettre des images ensemble, triturer un texte... c’est beaucoup plus riche que d’utiliser des ressources sur lesquelles on n’a aucun droit. Ce n’est pas une question de prix, c’est une question de droit d’usage.

Isabelle Martin Fernandes - au Portugal les REL sont encore en phase de découverte. Je parlais de culture et André de ne pas faire la confusion entre ce qui est libre et ce qui est gratuit. En fait on se dit que ce qui est gratuit ne vaut rien. Il y a une énorme résistance à l’idée du partage des ressources que l’on a créé soi-même. Je ne connais pas de REL actuellement, mais c’est en construction.

André Cotte - on a quelque chose qui vaut de l’or, c’est le RECIT. Je ne me rappelle pas ce que cela veut dire, mais dans chaque école on a quelqu’un qui a en charge d’aider les autres à utiliser le numérique. Ces RECIT mettent souvent en ligne des situation d’apprentissage et d’évaluation et on les met en ligne sans s’occuper du droit d’auteur. Maintenant on commence à s’en occuper. Mais peu d’enseignants travaillent avec la personne du RECIT.
Par ailleurs oin commence à sortir du "c’était sur Internet, je l’ai pris, j’ai le droit". Notre colloque du mois d’avril de l’AQOPS il y a de plus en plus d’ateliers avec pour thème les REL ou le droit d’auteur. Les gens viennent, l’atelier est plein. Cela ne veut pas dire que c’est répandu parmi les enseignants, mais c’est une préoccupation parmi ceux qui sont à l’avant-garde.

(université de Moncton) - on s’inscrit dans des politiques nationales et internationales sur le droit d’auteur.

André Cotte - dans les ressources libres, le meilleur côtoie le pire. Je donne souvent l’exemple de Jamendo, il y a de la musique parfois bonne, parfois non. Dans le libre, il y a des perles, mais il faut aller les chercher. Dans les ressources propriétaires, quelqu’un a choise par avance à la place de l’enseignant.

Michèle : tout enseignant en 2014 peut devenir techno-pédagogue, c’est à dire intégrer le numérique. Dans le temps on avait les diapos, maintenant on a le numérique.
(...)
Les directeurs d’école ne sont pas suffisamment informés sur les licences et le droit d’auteur.
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