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#CLOM_REL, on parle de ressource gratuite ou d’éducation gratuite ?

samedi 15 mars 2014, par José

J’ai été interpellé par le fait que Robert Grégoire a été interpellé par certains éléments de la réflexion "en marchant" [1] de ma contribution à l’une des activités proposées pour la semaine 2 de ce CLOM, sur les enjeux.

Dans le journal quotidien du lendemain il disait ceci en faisant référence à mon billet :

"J’y ai retrouvé une perspective européenne qui éclaire des aspects ignorés ici, en particulier celui de la gratuité. En effet, imaginez que l’année de baccalauréat de mon aînée me revient à 14,600 euros, et vous comprendrez mon abasourdissement à ce concept de gratuité en Europe ! Dans ce contexte, les REL peuvent en effet paraître moins séduisantes pour nos cousins européens qui y voient d’abord une ouverture à l’accès, alors que chez nous on y ajoute la gratuité."

La multiplicité des grilles d’analyse

D’abord, je me suis dit qu’on doit être bien payé à l’université de Moncton pour débourser une telle somme pour une année d’études d’un gamin. [2] Puis je me suis dit que je n’aurais pas pu faire ça pour mes deux gamins. Ça a déjà été dur de payer les crédits pour la maison, les deux bagnoles obligatoires dans nos banlieues, quelques vacances parce qu’on n’est pas des bêtes et un quotidien économe mais pas spartiate. Sans compter que la chaudière a toujours pété quand on était déjà à découvert. Enfin, trois petits tours dans ma tête et, revenant du Portugal, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la troïka qui saigne les plus démunis de nos voisins avec des politiques de rigueur et d’austérité tout direct inspirées par les notations d’agences anglo-saxonnes. Et encore un petit tour dans ma tête pour me dire que les règles d’analyse de ces agences ne sont pas celles d’une science exacte mais celles d’une idéologie économique tout droit venue de pays où éduquer est d’abord une dépense avant d’être un bien commun. Et de conseiller des coupes sombres dans les dépenses publiques de nos pays. Coupes qui se font où ? Dans la santé [3] et dans l’éducation [4].

Pétition de foi

Oui, l’éducation est une responsabilité collective. Ceci est une pétition de foi. L’éducation doit être assurée par le budget général et donc être gratuite pour l’individu. Oui, j’accepte de payer des impôts pour qu’aujourd’hui les enfants des autres aillent à l’école, au collège, au lycée et à l’université, parce qu’hier d’autres ont payé pour que les miens puissent aussi le faire et pour que j’en bénéficie également. L’accès à l’éducation, à l’instruction, à la culture ne doit pas être conditionné par les situations de fortune ou d’infortune des familles où les enfants sont nés, voire des avatars de ces situations, des accidents de la vie et des recompositions familiales.

Que cherchons-nous dans les RÉL ?

Il y a là, dans cette discussion sur les RÉL, un point central qui fait une différence considérable entre ce qui se passe dans le modèle anglo-saxon et ce que nous cherchons chez nous. Et cela rejoint, me semble-t-il certaines interrogations de participants à ce #CLOM_REL 2014. Du coup, peut-être y a-t-il là matière à une réflexion spécifiquement francophone ?

Qu’est-ce que nous cherchons dans les RÉL ? [5]. Nous cherchons des éléments qui permettent aux enseignants de disposer, pour leurs pratiques pédagogiques, d’outils qui fassent le lien entre des pédagogies éprouvées et des évolutions technologiques (je pense même une nouvelle donne économique et sociale, dans le fil de Jacques Robin) qui sont majeures, rapides et imprévisibles en ce moment. Dans une société planétaire et informationnelle, la production numérique de ressources réutilisables dans un contexte éducatif, au moment où les parents (parfois les enseignants) ne comprennent pas les objets immatériels (parfois matériels) utilisés par leurs enfants, prend un sens nouveau en mettant à la disposition de chacun l’accumulation d’intelligence contenue dans les ressources créées par tous, librement modifiables, amendables, corrigées, complétées. Le logiciel libre est venu, le premier, montrer et démontrer le cercle vertueux de cette méthode. [6]
Il me semble que, intégrée à une organisation de l’éducation, la ressource éducative libre présente des avantages pour l’amélioration qualitative des enseignements. Mais cette organisation de l’éducation me paraît centrale. On ne s’éduque pas, on ne s’instruit pas, seulement en surfant au gré des références sur le web. On n’imagine pas donner les clés de la voiture à un gamin en lui disant "vas-y, conduis, tu finiras bien par prendre en mains la voiture". Il est probable que la question se pose différemment en élémentaire et à l’université. Ce ne sont pas les mêmes besoins, ce n’est pas la même autonomie de l’apprenant, ce ne sont donc pas des contenus de même nature, des logiciels aux fonctions semblables. J’ai personnellement beaucoup appris sur la paléoanthropologie sur les blogs d’archéologues espagnols, que je considère comme des RÉL par leur qualité et par leurs contenus. Je suis grand et bientôt vieux, j’ai mes grilles d’analyse déjà bien en place, j’ai déjà reçu quelque instruction qui me permet de faire des choix discriminants dans mes lectures. Je peux compléter mes connaissances avec ce que je glane dans l’immense bibliothèque qu’est le web. La question se pose différemment pour les besoins quotidiens des enseignants qui ont une classe en charge, même si on peut penser que la création d’une abondance de ressources numériques faciles à prendre et à réutiliser associée à un équipement suffisant et d’utilisation fluide [7] dans les classes est de nature à modifier les conditions d’exercice du travail de l’enseignant et les méthodes sur lesquelles il s’appuye [8] .

Des ressources gratuites oui, avec des professionnels payés, bien sûr

Dans ce billet du journal quotidien du CLOM, il est dit : "Pour commencer, nous avons 11 intervenants bénévoles, chacun avec leur contenu et leur approche. Nous leur avons proposé une méthode de travail, mais en bout de ligne, chacun d’entre eux y investit selon sa personnalité et ses motivations."

D’abord, merci aux 11 intervenants bénévoles. J’essaierai d’être d’autant plus assidu qu’ils donnent leur temps sans contrepartie, mais je ne souhaite pas que les RÉL soient des ressources gratuites représentant du travail non payé, pour être utilisées par des enseignants qu’on peut se passer de rémunérer. Je suis tout à fait partisan d’une société d’échanges désintéressés, mais comme on n’y est pas encore, je préfère que chacun soit payé à raison de sa tâche. Je dis ceci sous forme de boutade, mais pas tant que ça. Dans la culture française, l’école institue quelque chose : elle institue le citoyen. Elle est censée fournir les éléments qui permettent à tout un chacun d’exercer, en conscience, ses droits et ses devoirs de citoyen. C’est-à-dire qu’elle n’est pas un objet commercial, où l’on vient acheter une éducation, qui sera ensuite d’autant plus monnayable sur le marché que l’institution où l’on a été éduqué sera réputée. Je ne suis pas certain que notre conception du rôle et des obejectifs de l’école soit universelle, ni même qu’elle fasse encore consensus à une époque où l’on recherche la performance dans la formation, car cela évite aux entreprises d’avoir à investir dans la qualification de leurs salariés, tout en bénéficiant d’une externalité de très grande qualité, malgré la baisse de nos classements PISA.

Deuxième pétition de foi : l’éducation a des conséquences économiques, mais sa première mission n’est pas de nature économique. Elle est de nature citoyenne. Son coût est de ce fait assumé par la collectivité.
Pour cela, la collectivité rémunère des enseignants (qui peuvent être entre quatre murs ou sur le réseau, mais payés quand ils exercent leur mission en ligne - et pas payés s’ils font un acte militant d’une autre nature).

Les enseignants sont indispensables

Donner plus à ceux qui ont le moins, c’est le concept à l’origine des ZEP en France. L’accompagnement par des professionnels reste, à mon sens [9] indispensable pour orienter, accompagner, guider l’apprenant pendant tout le temps où il ne dispose pas de l’autonomie suffisante pour poursuivre le parcours par ses propres moyens. C’est l’enseignant qui va donner les éléments qui permettent "de se mettre en route", c’est ce qui a été fait pour ce CLOM avec, dès la première semaine, des indications qui nous ont permis de percevoir l’univers dans lequel nous entrions, nous permettant ensuite d’y glaner selon nos disponibilités, nos intérêts, nos interactions avec l’équipe et avec les autres participants.

Dans mon billet je mettais cela en avant et lorsque je parlais d’accessibilité je me référais surtout à "rendre accessible" grâce à l’accompagnement qui permet de passer outre les préjugés, les difficultés sociales, la manière éventuellement réductrice avec laquelle on perçoit le monde [10], c’est-à-dire à effectuer ce travail essentiel de l’enseignant qui est un "passeur", dans le sens où il permet à quelqu’un de passer d’un univers personnel, familial et relationnel, à un autre univers qui ne lui est pas familier et qui comporte des connaissances, un rapport au monde, une relation aux autres qui vont permettre à son esprit de se développer, de s’éclairer (pour faire référence aux Lumières).
Évidemment, l’accessibilité, au sens de la facilité d’accès à la ressource, reste indispensable et fait l’objet des considérations techniques, des normes, des métadonnées, des référentiels et des banques de ressources dont Gilbert Paquette nous a si bien parlé.

Des ressources éducatives libres pour une éducation gratuite et de qualité, dans le monde entier

Enfin, au moins dans la francophonie. La question des ressources, nous le voyons en France, se résout aussi par l’investissement public. C’est l’exemple que j’ai donné avec Yannik Bodin et la gratuité des manuels dans la Région Île-de-France. La question de l’enseignement gratuit, avec des ressources gratuites, est une question de financement public, donc de politiques publiques. Un choix de société.
Avec cette discussion j’ai mieux compris pourquoi on insistait autant, de l’autre côté de l’océan, sur la gratuité des ressources. Évidemment, nous suivons parce que tout ce qui vient du coeur de l’Empire s’impose à tous [11], cependant je vois à quel point c’est un objet de discours qui nous est transmis, mais qui n’a pas de sens pour nous. C’est une question que nous réglons en général de manière classique (gratuit pour chacun = financement public par tous) et non de manière technologique ou avec les aléas du bénévolat. Du coup, l’autre volet de la question mérite aussi d’être posé : des ressources libres et gratuites mais dont la conception est financée comment ? [12] Parce que du coup, si l’objectif est de mettre en place des ressources éducatives libres, gratuites et de qualité pour tous, il ne s’agit peut-être pas uniquement de glaner des productions bénévoles pour créer des référentiels et des banques de ressources, mais de concevoir une politique générale de création de ressources libres, avec des mécanismes qui incitent à la production par les professionnels (type reconnaissance par les pairs), répondant aux impératifs des programmes éducatifs de nos pays (pour les niveaux où existent des programmes), dont la réalisation ferait l’objet d’un financement public [13]. De la même manière, plutôt que de passer d’un projet de recherche universitaire à un autre, donnant toujours des résultats inachevés, mettre en place une politique d’accompagnement de la création de ressources pour leur référencement selon une méthodologie, des normes, des métadonnées qui pourraient du coup être communs à l’ensemble des acteurs de cette politique [14]

Doutes

Suis-je encore dans le sujet ? J’ai le sentiment de revenir ici sur des lieux communs pour la France, de remettre au centre la puissance publique dont nous constatons quotidiennement l’étiolement - et la nécessité - et aller ainsi à contre-courant d’idées qui ont fait irruption dans notre univers mental, dérégulant, privatisant, créant de nouvelles enclosures, non plus pour les prés de pâturage des animaux, mais pour ceux de l’esprit.

Je reste persuadé que seule la puissance publique peut avoir des visions sur le long terme, l’entreprise ne peut que satisfaire l’appétit immédiat de ses actionnaires. Et que l’éducation n’est pas une marchandise comme les autres, dont la qualité de la transmission pourrait évoluer en fonction des coûts de sa production et du résultat financier attendu par l’entreprise. C’est peut-être aussi pour cela que nous tenons à l’exception culturelle, que nous partageons avec le Canada.


[1Je ne sais pas comment dire autrement que la réflexion se faisait au fur et à mesure de l’écriture et l’écriture au fil de la pensée, mais je me dis que la marche et la pensée ont sûrement quelque chose en commun si l’on prend en compte les kilomètres parcourus par les philosopes post-socratiques autour d’Athènes.

[2Ceci sans aucune connotation négative, je suis un ancien syndicaliste et je trouve correct qu’on soit correctement rémunéré, c’est quand même du temps de vie qu’on y laisse, pas seulement de la force de travail comme on disait au siècle dernier !

[3et les avatars de l’Obama care me font un flash dans les neurones

[4je ne sais pas en Irlande, au Portugal (mais j’y connais des professeurs qui ont été nommés à l’autre bout du pays et qui sont licenciés s’ils refusent) et en Grèce, mais en France cela avait valu 60.000 suppressions de postes dernièrement, des maîtres sans formation et sûrement d’autres menues dépenses passées à la trape

[5J’aimerais que les amis d’AbulÉdu, fortement créateurs de RÉL pour l’école primaire, puissent prendre à la volée ce fil

[6Dans la même veine, je me rappelle de François Élie qui, lors d’une rencontre à Poitiers il y a une dizaine d’années, avait lancé : "et si Pythagore avait breveté son théorème ?"

[7Je dis fluide pour dire, comme Jean Peyratout, qu’on ne demande pas à l’enseignant de mettre du fioul dans la chaudière, il n’y a pas de raison qu’on lui demande de se dépatouiller avec la gestion de l’outil informatique.

[8En écrivant cela je ne peux m’empêcher de penser à mes enfants qui ont fréquenté une "école ouverte", bien avant l’Internet, mais qui aurait tiré le meilleur parti de ces ressources si elles avaient existé, alors qu’il n’y avait pas de classes mais des groupes de travail, pas de rythme quotidien imposé à tous mais des contrats hebdomadaires, pas de séparation nette entre enseignant et intervenant, chaque parent ou autre bénévole de la commune pouvant venir animer des "ateliers". J’y ai appris le binaire à des enfants de 8 ans et animé leur première approche de l’informatique sur des Thomson TO7, d’autres animaient l’atelier photo, les échecs, la musique, la menuiserie, le potager... Ce lien, bien que plus particulièrement dédié à la mixité, décrit assez bien ce type d’école

[9je ne dispose pas d’éléments de démonstration, c’est aussi une pétition de foi

[10d’où mes références à Pierre Bourdieu qui à mon sens a particulièrement regardé ces questions.

[11Tous les chemins mènent encore à Rome, paraît-il.

[12Humm ! je crois qu’on va revenir là

[13Ce qui n’empêche évidemment pas de profiter aussi de la richesse de toutes les initiatives individuelles, qui doivent être qualifiées une par une comme le fait André Cotte ou le data d’AbulÉdu

[14Gilbert Paquette explique ici la création d’un système unifié au Québec ainsi que REFRER, un projet avec 7 partenaires de ressources francophones.

Messages

  • Bonjour José
    Tes textes sont tellement "accrocheurs" que chaque paragraphe, parfois chaque ligne m’interpelle.

    Note 1, puisque tu parles de philosophes grecs, le "pédagogue" c’était en effet celui qui marchait avec l’enfant avant et après le cours, cf.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ducation_dans_l%27Antiquit%C3%A9

    "À Athènes, Solon exigeait que la Cité apprenne à ses enfants la lecture, la natation et un État. Les enfants vont chez le maître instituteur (disdaskalos) grammatiste et ensuite grammatikos (de gramma, lettre) sous la conduite du pédagogue (esclave) pendant sept ans, lequel leur apprenait la lecture (sur papyrus), l’écriture (sur des tablettes de cire ou des ostraca, de tessons de poterie ou des papyrus avec de l’encre) et le calcul puis les mathématiques, puis plus tard la poésie (Homère, base de l’éducation, puis Hésiode, Solon) et les lettres."

  • J’essaie de reprendre point par point tellement ton article me "parle".
    Dans la pratique, pour un prof désireux de contribuer au projet des REL francophones, il y a besoin de plusieurs types d’accompagnement :

    1) en amont, http://data.abuledu.org/wp/contribution/

    qui correspondrait à une "politique d’accompagnement de la création de ressources pour leur référencement selon une méthodologie, des normes, des métadonnées"

    2) dans le courant (pour garder la métaphore), http://calestampar.org/spip.php?rubrique103

    à un mi-chemin entre ressource brute et séquence = regroupement "raisonné" (même structure par exemple) de ressources : je tâtonne dans ce domaine, qui rejoint la réflexion sur la formation à la recherche documentaire (sur internet mais pas que...) des collégiens de Mr BALAN, http://monclomamoi.blogspot.ca/2014/03/semaine-2-clomrelbrer.html

    3) en aval, "modèles reproductifs" de fiches péda de séances et de séquences que nous connaissons, adaptées aux programmes scolaires des différents pays.

  • " la création d’une abondance de ressources numériques faciles à prendre et à réutiliser associée à un équipement suffisant et d’utilisation fluide dans les classes est de nature à modifier les conditions d’exercice du travail de l’enseignant et les méthodes sur lesquelles il s’appuie."

    Je ne sais pas combien de temps il faudra pour passer des ressources traditionnelles, du "stock" éprouvé, aux REL. L’étape de prise en main du VPI par exemple est assez rapide, et les enseignants lui reconnaissent trois avantages : coût photocopies-couleur, attractivité-lisibilité pour les enfants et interactivité, mais pour l’instant il ne sert pas à faire évoluer le contenu.

    Je crois qu’il va falloir prendre la mallette du représentant de commerce d’antan pour circuler dans les écoles et présenter les ressources d’abulédu-data. J’avais proposé un Zine en janvier, je n’ai pas été suivie !!! Je prépare un article pour "Le nouvel éducateur" de juin, mais...

  • "On ne s’éduque pas, on ne s’instruit pas, seulement en surfant au gré des références sur le web."

    et oui cette éducation aux outils numériques relève actuellement à 90% du tâtonnement hors du cadre scolaire loin du regard (plus ou moins connaisseur) de l’adulte.

    De même que la Fédération Française de voile n’a pas pris le surf au sérieux en son temps, je trouve que le B2i est à des années lumière de ce que nous devrions faire découvrir aux élèves comme codes des routes virtuelles avant l’entrée au collège.

  • orienter, accompagner, guider l’apprenant pendant tout le temps où il ne dispose pas de l’autonomie suffisante pour poursuivre le parcours par ses propres moyens.

    "rendre accessible" grâce à l’accompagnement qui permet de passer outre les préjugés, les difficultés sociales, la manière éventuellement réductrice avec laquelle on perçoit le monde, c’est-à-dire à effectuer ce travail essentiel de l’enseignant qui est un "passeur", dans le sens où il permet à quelqu’un de passer d’un univers personnel, familial et relationnel, à un autre univers qui ne lui est pas familier et qui comporte des connaissances, un rapport au monde, une relation aux autres qui vont permettre à son esprit de se développer, de s’éclairer.

    OK avec cette définition de nos objectifs de profs